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La Maison de Terre des hommes : 50 ans d'action pour les droits de l'enfant
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Véritable terre d’accueil, La Maison de Terre des hommes à Massongex (VS) abrite chaque année en moyenne 180 enfants, provenant principalement d’Afrique de l’Ouest, avant et après les interventions chirurgicales de pointe pour lesquelles ils ont été transférés. Nadia Pagotto

Cardiopathies, malformations, séquelles de noma, mais aussi problèmes orthopédiques et sténoses de l’œsophage, les enfants sont transférés en Suisse uniquement lorsqu’il n’est pas possible de les soigner dans leur pays d’origine, au terme d’un programme de soins spécialisés. Contribuant à l’amélioration de la santé des enfants dans le monde et en Suisse, La Maison à Massongex a pour but de secourir l’enfance en détresse, quelle qu’elle soit. La Maison de Terre des hommes c’est un lieu de vie, une étape essentielle à leur guérison. A l’occasion du jubilé, nous avons interviewé Philippe Gex, directeur de La Maison depuis dix-neuf ans.

pharmacieplus : 50 ans au secours de l’enfance en détresse. Quel est votre ressenti ?

Philippe Gex : Malheureusement, mon ressenti est que nous devons continuer. Au XXIe siècle, il y a encore plus de 7000 enfants qui meurent chaque jour à la naissance. Il faut continuer à se battre pour qu’il y ait moins d’enfants malades dans le monde, à travers une prévention active, un développement des systèmes de soins sur place et une prise en charge ici quand les opérations ne sont pas réalisables dans le pays d’origine. Le but ultime serait évidemment qu’à terme, nous n’ayons plus à transférer les enfants malades mais qu’ils soient soignés sur place. Malheureusement, la technologie ne gagne pas tous les pays en même temps, de même que l’envergure des formations, le nombre de personnes formées et les installations techniques et médicales. Il est clair que beaucoup de progrès ont été réalisés et que la mortalité infantile a bien baissé dans le monde, mais elle reste aujourd’hui encore trop élevée. Nous devons continuer, avec dans l’espoir qu’un jour, il n’y ait plus besoin de nous. Mais on en est encore loin.

50 ans de prise en charge d’enfants malades. Un projet dont vous être particulièrement fier ?

Je suis satisfait de chaque projet que nous faisons, mais surtout je suis extrêmement reconnaissant envers l’équipe qui m’entoure. Je compare souvent ma place de directeur à celle d’un chef d’orchestre : sans ses musiciens, il ne ferait rien. Ma satisfaction est d’avoir une belle équipe, engagée, soudée, qui fait un travail remarquablement exigeant et difficile émotionnellement. Equipes de soins, éducateurs, cuisiniers, personnel d’entretien, veilleuses, collaborateurs administratifs et encore bien d’autres… ils font preuve de beaucoup d’engagement personnel. Une grande partie du mérite leur revient.

De plus, il faut aussi savoir que La Maison tourne uniquement grâce aux dons. Les enjeux financiers sont compliqués et nous bénéficions de la confiance de donateurs qui sont à nos côtés et qui y croient avec nous. Je trouve vertigineux et émouvant de savoir qu’il y a une foule humaine en marche qui a envie de contribuer à notre projet, en se disant que chaque vie est importante.

50 ans, les jubilés de La Maison et le Covid-19. Comment faites-vous face à la crise ?

Nous avions imaginé cette année anniversaire bien différemment évidemment… La Maison continue à tourner, mais au ralenti. Durant les premiers mois de la crise, il n’a plus été possible de transférer des enfants. Bien que la situation se rétablisse petit à petit, nous avons actuellement 22 enfants (N. B. : l’interview a été réalisé début septembre), et en accueillons généralement le double à cette même période. Notre marge de manœuvre est très restreinte, pour ne pas dire inexistante. Nous sommes totalement dépendants des décisions nationales et internationales et limités aux capacités de transferts aériens et capacités opératoires des hôpitaux partenaires. La crise sanitaire entraîne aussi une crise économique, qui impacte évidemment les capacités financières de la population et nous espérons que cela ne se répercutera pas sur les dons qui font vivre l’institution. C’est important que nous puissions poursuivre nos activités malgré la crise. Les enfants la subissent, en victimes discrètes. La Covid-19 soulève notre rôle en tant qu’être humain et interroge les inégalités Nord-Sud, Est-Ouest… Comment en est-on arrivé là ? Ce n’est pas la première fois qu’il y a des pandémies, je pense par exemple à Ebola, mais de cette ampleur-là, nous devons comprendre les signaux que la crise nous amène pour en prévenir d’autres.

« Nous ne sommes pas dans une dynamique de charité, nous sommes dans une dynamique de dignité humaine. »

50 ans d’action pour les droits de l’enfant. Un message que vous voudriez faire passer ?

Si vous avez l’envie de nous rejoindre, rejoignez-nous ! Nous ne sommes pas dans une dynamique de charité ou de condescendance. Nous sommes dans une dynamique de dignité humaine, et vous pouvez apporter votre contribution. Je suis moi-même père de trois enfants adultes. Quand j’allais chez le médecin avec eux, je ne demandais pas un acte d’aide charitable mais des soins appropriés. L’accessibilité aux soins est un droit humain, un droit de l’enfant, ne l’oublions pas. Que ce soit à travers notre engagement, un soutien financier, du bénévolat ou encore à travers notre cohérence de consommation, nous devons faire en sorte que les droits humains soient respectés. Tant que les décalages subsisteront, il y aura de l’injustice et cette injustice peut engendrer des violences, des migrations et des misères. A mon sens, nous devons, chacun à notre niveau, faire en sorte de respecter ces droits humains, non pas dans un but de charité mais dans un but de dignité humaine. Nous avons tous les mêmes droits sur terre, peu importe où l’on est né.

Un relais de soins essentiels à la vie

Depuis 14 ans, les pharmaciens pharmacieplus ainsi que les équipes en officine ont à cœur de soutenir la Fondation Terre des hommes. Pour le directeur de pharmacieplus, Eric Bussat, ce partenariat est le symbole d’un relais de soins. « Dans de nombreux pays défavorisés, trop d’enfants n’ont pas la chance de bénéficier d’un système de santé tel que le nôtre, de grandir dans des conditions de vie décentes et pour certains même, d’avoir un avenir si des soins spécialisés ne leur sont pas donnés rapidement. En donnant un signal fort, nous souhaitons d’une part apporter notre pierre à l’édifice de Terre des hommes et d’autre part, sensibiliser le grand public aux besoins en santé de ces enfants et de leurs familles. Relayer également l’information sur le travail que mène Terre des hommes sans relâche sur le terrain pour donner aux enfants l’accès aux médicaments et aux soins, à la vaccination infantile mais aussi à l’eau potable, à une alimentation équilibrée, à l’hygiène et à l’éducation . » 

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