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Interview - Avril 2018
Mieux, un relais de vie. De nombreux projets sont développés par Tdh sur le terrain. Pour en savoir plus, nous avons demandé à Caroline Brodard, jeune bénévole convaincue, de nous faire part de ses observations à son retour d’un voyage avec Tdh, en Colombie. Kristin Aubort

pharmacieplus: Caroline Brodard, qu’est-ce qui vous a incitée à devenir bénévole de Tdh? 

Je crois que ce monde a besoin d’un peu d’empathie et d’altruisme et que l’on peut faire quelque chose du temps que l’on consacre à tout un tas de bêtises. Le bénévolat qui offre un contact direct me convient plus que de verser de l’argent. Je fais donc du convoi d’enfants qui vont se faire opérer et je suis aussi allée au Pérou, travailler avec les enfants des rues, dans le cadre d’un programme d’échange et d’ateliers créatifs. 

Pourquoi ce voyage sur le terrain en Colombie (à vos frais)? 

 J’avais besoin de mieux comprendre comment les ONG fonctionnent et coopèrent entre elles. Sur le terrain, Tdh collabore par exemple régulièrement avec l’UNICEF. En revanche, j’ai pu observer qu’en Colombie, les volontés politiques dans le domaine de l’aide à l’enfance notamment, ne sont pas systématiques. Bogota, la capitale, est une ville de plus de 8 millions d’habitants. 

Qu’est-ce qui vous y a le plus marquée? 

Les beaux quartiers occupent le centre et sont entourés par les bidonvilles qui montent des deux côtés de la ville. Les gangs ont pris possession de zones où certains parents sont eux-mêmes trafiquants. Les enfants y sont vulnérables, avec le risque d’être recrutés par les gangs ou encore exploités. La violence met aussi souvent ces enfants en conflit avec la loi et ils sont aussi nombreux à être emprisonnés. Tdh a mis en place avec succès un projet de justice restauratrice destiné à prévenir et changer ces comportements violents. A partir du moment où il y a des armes, les choses peuvent dégénérer très vite. Il y a du danger dans la vie de tous les jours à Ciudad Bolivar, un district défavorisé de Bogota… Des jeunes sont venus nous raconter leur histoire, nous dire qu’ils ne sont pas des voleurs, des délinquants… Ils ne souhaitent pas vivre dans un autre pays: ils ont envie de tout changer, de construire de vraies maisons dans leur quartier. Ils sont aussi créatifs et font des expositions dans les rues… Ces jeunes vous ont visiblement touchée… J’ai adoré voir cette jeunesse qui montre de l’énergie et de quoi elle est capable. A Bogota, notre groupe – composé de femmes uniquement – a aussi été extrêmement impressionné par la délégation sur place: ce sont des gens très jeunes, de 20 à 25 ans environ, très branchés – avocates, designers, psychologues… – qui vont frapper aux portes. Ils ont cette volonté de déplacer des montagnes et les jeunes des bidonvilles qu’ils rencontrent, les acceptent grâce à leur look décalé! rendez-vous sur le terrain 

Quels sont les besoins hors de Bogota? 

Entre Bogota, une ville de plus de 8 millions d’habitants, et la forêt tropicale, il y a un fossé gigantesque. Après des heures de piste en voiture, on arrive dans des zones villageoises où il n’y a rien! Des familles déplacées par les conflits qui durent depuis 50 ans dans le pays, sont arrivées là petit à petit et s’y sont installées dans un dénuement complet, avec tout ce que cela signifie en matière de santé, d’hygiène, de soins, de nourriture, de promiscuité… Le responsable de Tdh en Colombie nous a emmenées à Juan José, un village illégal, au pied des montagnes où l’on cultive les feuilles de coca. Là, de nombreux enfants sont déscolarisés depuis longtemps car leurs parents fuient les conflits ou travaillent dans des champs de coca plantés non loin du village Dans le cadre de l’un de ses projets, Tdh y a installé des toilettes et des douches (: cela offre non seulement de l’hygiène aux habitants mais protège les femmes d’agressions sexuelles notamment. Une fois par semaine, s’il le peut, un médecin vient sur place. Du côté des enfants, quels sont les besoins les plus urgents? Ils sont nombreux mais nous avons vu beaucoup de très jeunes mères esseulées, désemparées, sans compagnon ni famille autour d’elles: âgées de 16 ans parfois, elles ne savent même pas qu’il faut allaiter son enfant, n’ont pas accès à la contraception, ignorent comment se protéger des maladies sexuellement transmissibles telles que le SIDA par exemple... 

Quels types de collaborateurs locaux travaillent-ils sur place? 

Sur place, les projets de Tdh sont conçus pour être menés par une équipe qui, pendant trois ans, forme des gens sur place. Ailleurs dans le pays, des agents communautaires – des gens de la communauté locale – s’investissent volontairement et deviennent des personnes de référence. Nous avons par exemple fait la connaissance de femmes qui, après avoir été aidées par Tdh, ont décidé d’aider à leur tour et en sont très fières. 

Quel accueil avez-vous reçu en Colombie? 

Excellent! Les personnes que nous avons rencontrées ont exprimé beaucoup de reconnaissance pour ce que fait Tdh. On sent une grande différence entre les lieux où les sanitaires ont été installés et ceux où il n’y en a pas. Dans les premiers, les gens sont plus propres, se sentent plus en sécurité, leur intimité préservée. On y apprend de manière ludique aux enfants comment traiter l’eau, les principes de base de l’hygiène, ceux de récupération de l’eau. Et par conséquent la prévention des maladies, le tri et la valorisation des déchets. Souvent, les projets mis en place par Tdh ont été initiés par la ville de Bogota qui fait ensuite appel aux ONG. Tdh met alors en place des sortes de marches à suivre étudiées sur place. 

Que retirez-vous de cette expérience sur le terrain?

Il est très intéressant d’entrer dans ce monde de l’ONG. Je reviens apaisée de ce voyage sur le terrain et ravie de voir à quoi les dons sont employés. Il est vrai que la population est extrêmement jeune et je ne sais pas ce que cela va donner, mais lorsqu’on voit l’engagement de certains jeunes actifs, on constate que c’est un pays qui va se mettre en marche… avec beaucoup de savoir-faire! C’est aussi une belle découverte d’un pays magnifique qui mérite que l’on s’y rende: le tourisme peut apporter autre chose que la consommation de stupéfiants! Les traces de la violence y sont assez peu palpables. A priori, tout est très tranquille, même dans certaines zones où les conflits ont été très importants. 

Pourquoi témoigner aujourd’hui?

Il est toujours encourageant de voir les projets de Tdh se réaliser et parvenir à des solutions viables. Cela m’a rassurée aussi de constater qu’une fois les projets d’aide à l’enfance, tels que la formation scolaire mise en place par Tdh durant trois ans, d’autres ONG prendront le relais. Chez nous, il est évidemment indispensable de continuer à communiquer à propos des besoins de ces jeunes, de ces familles. De sensibiliser les uns aux besoins des autres! 

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